une profession bâtie sur l’espoir, mise à l’épreuve par la perte

Une profession bâtie sur l’espoir, mise à l’épreuve par la perte

Il existe une forme particulière d’épuisement qui ne vient pas seulement des longues heures de travail. Elle vient de l’attention. Les personnes qui travaillent dans la conservation sont formées à voir ce que d’autres ne perçoivent pas : un récif qui perd ses couleurs, une forêt où les oiseaux se font plus rares, une rivière qui porte moins de vie au fil des saisons. Elles sont formées à compter, à mesurer et à documenter le changement avec rigueur. Mais ce sont aussi des personnes ayant choisi ce métier par attachement à quelque chose qui les dépasse : une espèce, un lieu, un monde vivant qu’elles jugent digne d’être protégé. Cet attachement n’est pas une faiblesse, mais un moteur. Il est aussi, de plus en plus, une source de douleur. Promenade sur l’île de Waigeo, en Indonésie. Photo de Rhett Ayers Butler. Fin 2024, Rachel Graham, scientifique marine et directrice exécutive de l’organisation MarAlliance, basée au Belize, a écrit sur Linkedin qu’elle connaissait cinq scientifiques de la conservation morts par suicide au cours de l’année. La réaction a été immédiate : tristesse, reconnaissance, et de nombreux témoignages de personnes disant, sans détour, qu’elles traversaient elles aussi des difficultés. Ce message a circulé largement parce qu’il mettait des mots sur une réalité souvent tue. Beaucoup de professionnels ont reconnu ce sentiment — dans leur propre corps et dans le silence de leurs collègues qui cessent de répondre. Ils ont vu disparaître, sans explication, des personnes de terrain compétentes. Certains ont été inquiets…This article was originally published on Mongabay

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