À Ayivèdji, dans la commune de Lokossa, au sud-ouest du Bénin, Séraphin Tchéwè Hounnouvi, un agriculteur d’une soixantaine d’années au corps robuste et à la machette toujours à portée de main, s’assoit à l’ombre d’un palmier. Un large sourire éclaire son visage quand il évoque sa terre : « Aujourd’hui, je suis un agriculteur prospère et ma terre me sourit à nouveau ». Il y a vingt-cinq ans, ce n’était pas le cas. Comme beaucoup de petits producteurs du sud du Bénin, confrontés à des pluies diluviennes de plus en plus violentes, à des saisons irrégulières et à des sols qui s’épuisent, Hounnouvi pratiquait une stratégie destructrice : pour planter du maïs ou du haricot, il abattait des palmiers à huile, afin de libérer de l’espace. « Mon père le faisait déjà. Moi aussi j’ai continué à le faire. Mais les récoltes diminuaient, l’eau stagnait et inondait les cultures annuelles. À la fin, je n’avais plus que les revenus maigres des quelques palmiers restants et des récoltes de survie. Plus de vente, plus de revenus », raconte-t-il. Le tournant est arrivé grâce à une visite de son frère, alors employé à l’ex Centre d’action régionale pour le développement rural (CARDER), actuelles Agences territoriales de développement agricole (ATDA). « Il a regardé mon champ et m’a demandé : pourquoi tu ne cultives pas aussi entre les palmiers ? Il m’a expliqué que cela se faisait ailleurs dans le pays et que, pour certains, c’était même une pratique ancestrale ». Intrigué, Hounnouvi…This article was originally published on Mongabay

