Dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), les discussions sur le thème de la conservation se concentrent souvent sur les pertes : des forêts défrichées, une faune décimée, et un conflit s’étendant sur des terres qui abritaient autrefois des écosystèmes parmi les plus riches de la planète. Au Parc national des Virunga, ces pressions sont particulièrement marquées. Ce parc, le plus ancien d’Afrique, abrite des glaciers, des volcans, des forêts et des zones humides au sein d’une seule et même aire protégée. Il est également situé au cœur d’une région minée par des décennies d’instabilité, où des groupes armés, une économie informelle et une gouvernance fragile dictent le quotidien des communautés. Le Parc national des Virunga. Image reproduite avec l’aimable autorisation de Bitini Ndiyanabo Kanane. Emmanuel de Merode, qui dirige le Parc national des Virunga depuis 2008, n’aborde pas le sujet sous l’angle de l’écologie. Sa formation d’anthropologue façonne sa vision du parc. À ses yeux, l’état de la faune sauvage renvoie à des facteurs bien plus profonds. La déforestation, le braconnage et l’insécurité ne sont pas simplement des enjeux environnementaux. Ils découlent de la manière dont les populations subviennent à leurs besoins, du système de gouvernance, des circuits financiers et de l’exploitation des ressources. Dans l’Est de la RDC, la conservation est indissociable de l’économie. Pour nombre de communautés vivant aux abords du parc, les choix sont immédiats : défricher la forêt pour l’agriculture ou produire du charbon de bois peut générer des revenus qui font vivre…This article was originally published on Mongabay

