Chaque année, au mois de mars, les sentiers de montagne du Liban sont jonchés de cartouches de chasse. Elles témoignent d’une culture de la chasse pouvant avoir un impact disproportionné sur les quelque deux milliards d’oiseaux utilisant la Voie migratoire d’Afrique-Eurasie, migrant entre leurs aires de reproduction en Asie et en Europe, et les différentes régions d’Afrique où ils séjournent le reste de l’année. Plus d’un million d’oiseaux planeurs, représentant 37 espèces, traversent annuellement le Liban, incluant des éperviers du Levant (Accipiter brevipes), des cigognes blanches (Ciconia ciconia), des buses européennes (Pernis apivorus) et des aigles pomarins (Clanga pomarina). Les oiseaux doivent effectuer ce transit à la lumière du jour, en volant le long des trajectoires prévisibles et en recherchant les thermiques leur permettant d’effectuer de longs vols. « Ces oiseaux ne volent pas au-dessus de l’eau. Ils utilisent les vents chauds et se déplacent au-dessus de la terre », explique Bassima Khatib, cheffe du département de conservation de la nature à la Société pour la protection de la nature, au Liban. Il s’agit aussi d’oiseaux qui se reproduisent moins que les autres, et qui élèvent seulement un à deux oisillons par année. Pour ces différentes raisons, leur longue durée de vie et leur position en haut de la chaîne alimentaire, les rapaces sont plus vulnérables. Le Liban est situé sur le corridor migratoire de l’est méditerranéen. Le pays compte de nombreux passages étroits entre ses montagnes, créant des goulots d’étranglements. « Ces espaces peuvent devenir des points chauds pour…This article was originally published on Mongabay

