À Gihanga, situé dans la province de Bujumbura à l’Ouest du Burundi, des centaines de cultivateurs sont dans les champs. Certains repiquant du riz, d’autres s’occupant du sarclage au moment où des équipes entières repoussent des colonies d’oiseaux prêts à ravager les champs de riz. On dirait un jeu de cache-cache entre ces oiseaux et ces agriculteurs. Au moindre mouvement du gardien des champs, ils volent en masse en gazouillant et se dirigent vers d’autres lieux champêtres, non loin de là. Antoine Ndorere, cultivateur, âgé de 62 ans, avance lentement entre les champs de riz. Vêtu d’un pantalon retroussé jusqu’aux genoux, d’un t-shirt vert décoloré par le soleil et d’un large chapeau artificiellement cousu à l’aide d’un pagne, il inspecte systématiquement ses jeunes plants. Chaque fois, il n’avance pas, mais s’arrête, touche la terre entre ses doigts et oriente la tête vers le ciel. « Il y a quelques années, quand j’étais encore jeune, cette région connaissait de bonnes saisons tout au long de l’année. Cependant, aujourd’hui, personne ne te dira quand il pourra pleuvoir », explique-t-il en montrant des nuages s’accumulant à l’est au-dessus de la forêt de Kibira, à l’est et en surplomb de la région de l’Imbo. Sur l’autre rive de la rivière Kajeke au cœur de la plaine de l’Imbo située à l’ouest du Burundi, le long du lac Tanganyika et de la rivière Rusizi, traversant de vastes étendues de champs, et autour d’Antoine Ndorere, d’autres cultivateurs travaillent en échangeant entre eux, mais ces échanges sont…This article was originally published on Mongabay

