BAYANGA, République centrafricaine — Pour beaucoup à l’extérieur, la République centrafricaine s’identifie par un ensemble d’images familières : conflits, infrastructures faibles, instabilité et État peinant à étendre son autorité au-delà de Bangui, la capitale. Loin d’être imaginaires, ces réalités continuent de façonner le quotidien dans une grande partie du pays. Les routes sont en mauvais état, les services de santé sont fragiles et l’insécurité persiste dans certaines zones. Pendant des années, ces conditions ont éclipsé presque toutes les autres préoccupations sans pour autant les évoquer. À plusieurs centaines de kilomètres au sud-ouest de la capitale, près des frontières avec le Cameroun et la République du Congo, une expérience plus discrète prend forme dans les forêts de Dzanga-Sangha. Il s’agit d’une tentative de construction d’une économie locale autour de la faune, de la conservation et du tourisme, dans un pays rarement associé à ces trois éléments. À Bayanga, une petite ville servant de porte d’entrée au Parc national de Dzanga-Sangha, les visiteurs viennent pour Dzanga Bai, l’une des clairières d’éléphants de forêt les plus connues d’Afrique tropicale, où des dizaines et parfois bien plus d’une centaine d’éléphants peuvent se rassembler dans un même espace. Ils viennent aussi pour les gorilles des plaines de l’Ouest habitués à la présence humaine, la forêt dense du bassin du Congo et un paysage de conservation, à bien des égards, brut et inachevé. Des éléphants de forêt se rassemblent dans la clairière de Dzanga Bai. Selon les chercheurs, ils sont attirés par des sols riches en…This article was originally published on Mongabay

