KINSHASA — Peu de pays concentrent autant d’attentes, de tensions et de contradictions que la République démocratique du Congo (RDC). Avec ses vastes forêts, ses aires protégées emblématiques et ses ressources minières parmi les plus convoitées au monde, ce pays se retrouve au cœur de deux dynamiques globales souvent présentées comme opposées : la protection de la biodiversité et la transition énergétique. Cobalt, cuivre, lithium – les minerais stratégiques du pays – alimentent les chaînes d’approvisionnement mondiales. Dans le même temps, ses forêts jouent un rôle essentiel dans la régulation du climat. Entre ces deux réalités, la question reste entire : comment concilier l’exploitation des ressources, la conservation et le développement dans un pays encore marqué par l’insécurité, les défis de la gouvernance et les inégalités territoriales ? À Kinshasa, l’Union européenne s’est positionnée comme un partenaire clé, intervenant à la fois dans la gestion des ressources naturelles, la traçabilité des minéraux critiques, le financement des aires protégées et les efforts diplomatiques visant à stabiliser la région des Grands Lacs. Cette présence s’inscrit dans une approche plus large, mêlant les investissements, les réformes structurelles et l’accompagnement des politiques publiques. Dans cet entretien, Fabrice Basile, Chargé d’affaires de l’Union européenne en RDC, revient sur cette coopération et défend une ligne qu’il qualifie de pragmatique : renforcer la transparence dans les secteurs extractifs, soutenir des modèles économiques locaux comme celui des Virunga, et favoriser une approche plus inclusive, intégrant les communautés locales et autochtones. Face aux critiques sur la gestion passée des…This article was originally published on Mongabay

